Le secteur du tourisme concentre plus d'un million d'emplois directs en France, et l'agent de voyage en est l'un des visages les plus connus du grand public. Cette fiche métier présente ses missions, le cadre réglementé de la vente de voyages, les compétences attendues, le salaire par profil et les formations qui permettent de s'y préparer.

Dans une agence de voyages, l'agent de voyage accueille les clients, écoute leurs envies et construit une proposition de séjour cohérente avec leur budget et leurs contraintes. Il ne se limite pas à réserver un billet ou une chambre d'hôtel : il conseille sur les destinations, les formalités et les meilleures périodes, puis assemble transport, hébergement et activités en une offre unique [1].
L'agent de voyage établit des devis détaillés, négocie avec les prestataires et procède aux réservations par l'intermédiaire d'un système de distribution mondial, comme Amadeus, qui centralise les disponibilités des compagnies aériennes, des hôtels et des loueurs de véhicules. Il vend des forfaits préétablis ou construit des voyages à la carte, encaisse les paiements et émet les documents de voyage. Il informe et propose des services relatifs à des voyages et à des séjours, et réalise tout ou partie des opérations de vente qui en découlent [2].
Un vol annulé, une grève ou un simple changement de programme obligent l'agent de voyage à réagir rapidement pour reloger ou rapatrier ses clients. Il traite également les modifications de réservation et les demandes d'annulation, en appliquant les conditions contractuelles propres à chaque prestataire. Après le retour du client, il assure le service après-vente : réclamations, remboursements, litiges avec un prestataire ou suivi d'un dossier d'assurance annulation.
L'agent de voyage travaille le plus souvent au comptoir d'une agence de voyages, qu'il s'agisse d'une agence appartenant à un grand réseau national, d'une agence indépendante ou d'une agence spécialisée sur une destination ou une clientèle précise. La fiche voisine du métier d'organisateur de voyages détaille d'ailleurs des missions proches, tournées vers le montage de circuits et de séjours sur mesure.
Dans une agence de réseau, l'agent de voyage bénéficie d'outils, de contrats fournisseurs et d'une notoriété déjà établis. Dans une agence indépendante, il dispose de plus d'autonomie sur le choix des partenaires et des destinations. Les agences en ligne recentrent le métier sur le conseil téléphonique ou par visioconférence, tandis qu'un tour-opérateur emploie des agents pour construire et commercialiser ses propres programmes. Une entreprise peut également recruter un agent de voyage en interne, pour organiser les déplacements professionnels de ses salariés.
Les deux appellations recouvrent, dans la pratique, la même réalité professionnelle : l'accueil, le conseil et la vente de séjours en agence [10]. L'Onisep consacre d'ailleurs sa fiche métier officielle au conseiller ou à la conseillère en voyages, un intitulé parfois préféré à celui d'agent de voyage dans les offres d'emploi [1]. Le terme désigne aussi, plus largement, les professionnels qui exercent à domicile en tant qu'indépendants affiliés à un réseau. Les fiches consacrées au métier de conseiller en voyages et à celui de vendeur en voyages détaillent les nuances entre ces appellations voisines.
La maîtrise des outils de réservation, la connaissance des destinations, des formalités administratives et des zones à risque constituent le socle technique du métier. Une formation aux techniques commerciales aide à construire un argumentaire de vente et à défendre une marge dans un contexte de forte concurrence tarifaire. L'anglais est incontournable pour échanger avec des partenaires et des clients internationaux, et une seconde langue constitue un atout apprécié dans les agences tournées vers une clientèle étrangère.
Le sens du contact, l'écoute et la capacité à rassurer un client inquiet avant un départ comptent autant que la connaissance des destinations. La rigueur administrative évite les erreurs de réservation aux conséquences coûteuses, tandis que l'organisation permet de gérer plusieurs dossiers en parallèle, souvent avec des délais serrés. Une bonne résistance au stress est également utile en période de forte affluence, comme avant les vacances scolaires.
Le contact avec une clientèle variée, la diversité des destinations traitées et la satisfaction de concrétiser le projet de voyage d'un client figurent parmi les principaux attraits du métier. Les agents de voyage bénéficient par ailleurs, en fonction des employeurs, de tarifs préférentiels sur certains voyages, ce qui nourrit une véritable passion pour la découverte.
Le métier connaît toutefois des contraintes réelles. La concurrence de la réservation en ligne pèse sur les marges et pousse les agences à se recentrer sur le conseil à forte valeur ajoutée plutôt que sur la simple vente de billets ; une bonne préparation aux formations du secteur commercial et de la vente aide à mieux défendre son offre face à un client de plus en plus informé. Les horaires incluent souvent le samedi, jour de forte fréquentation en agence, et la responsabilité juridique attachée à la vente de voyages impose une vigilance constante sur chaque dossier.
Le secteur souffre par ailleurs d'une image parfois éloignée de la réalité. Une enquête de France Travail sur les métiers du tourisme montre que la majorité des contrats proposés sont désormais à temps plein, et qu'un peu plus de la moitié sont des CDI, loin de l'image d'un secteur uniquement saisonnier [13].
Vendre des voyages est une activité encadrée par la loi, que l'agent de voyage exerce comme salarié ou que l'agence elle-même soit tenue de s'y conformer en tant qu'employeur.
Toute structure qui organise ou vend des séjours, des transports ou des prestations touristiques dont elle n'est pas elle-même productrice doit s'immatriculer auprès d'Atout France, l'opérateur chargé de tenir le registre national des opérateurs de voyages et de séjours [11]. Cette démarche d'immatriculation, également recensée par le service public en ligne, est, en pratique, un préalable obligatoire à toute activité de vente de voyages et de séjours ; elle est renouvelée tous les trois ans et rendue publique dans un registre consultable en ligne [14].
L'immatriculation suppose de justifier d'une garantie financière, qui permet de rembourser les clients et d'organiser leur rapatriement en cas de défaillance de l'agence, ainsi que d'une assurance de responsabilité civile professionnelle [6]. Depuis 2018, aucun diplôme ni aucune expérience préalable dans le tourisme n'est exigé pour immatriculer une agence, ce qui explique la diversité des profils qui se lancent, notamment après une reconversion professionnelle.
Le professionnel qui vend un voyage ou un séjour est responsable de plein droit de la bonne exécution des prestations prévues au contrat, même lorsqu'elles sont assurées par un prestataire tiers, comme une compagnie aérienne ou un hôtelier. Cette règle, prévue par l'article L. 211-18 du Code du tourisme et en vigueur depuis 2018, explique la rigueur attendue de l'agent de voyage dans le choix de ses partenaires [8]. Le professionnel peut s'exonérer de cette responsabilité s'il prouve que le dommage résulte du fait du voyageur, d'un tiers étranger à la prestation ou de circonstances exceptionnelles et inévitables, ce qui impose un suivi rigoureux de chaque dossier.
Première destination touristique mondiale, la France a accueilli 102 millions de visiteurs internationaux et généré 77,5 milliards d'euros de recettes touristiques internationales, un chiffre en progression selon les chiffres clés publiés par la Direction générale des Entreprises (DGE) [7]. Le secteur pèse plus de 1,3 million d'emplois directs et fait l'objet d'un suivi économique régulier, notamment par l'Insee, qui publie chaque année un bilan chiffré de son poids dans l'économie française [9].
Le tourisme comptait encore 63 000 emplois vacants fin 2024, tous métiers confondus, et les entreprises se montrent de plus en plus ouvertes aux candidats en reconversion professionnelle [3]. La tension touche particulièrement l'emploi saisonnier : sur la saison estivale 2022 et l'hiver 2022-2023, environ 65 000 postes saisonniers du tourisme étaient restés non pourvus, ce qui a conduit le Gouvernement et les branches professionnelles à pérenniser chaque année la Semaine des métiers du tourisme pour faire connaître l'ensemble de ces métiers [15]. Les agences de voyages restent toutefois, plus que d'autres segments, difficiles à mobiliser lors des événements de recrutement, un signe de la transformation profonde du métier par la digitalisation des parcours clients [13]. Les postes s'y concentrent surtout sur des profils capables d'apporter un conseil que les comparateurs en ligne ne proposent pas.
Avec l'expérience, l'agent de voyage peut se spécialiser sur un segment porteur, comme le voyage d'affaires, le tourisme haut de gamme ou une zone géographique précise. Il peut aussi évoluer vers des fonctions d'encadrement d'équipe, de responsable d'agence, ou rejoindre les services production d'un tour-opérateur pour construire les programmes vendus en agence. D'autres choisissent, après plusieurs années, de créer leur propre structure ou de devenir conseiller en voyages indépendant.
La rémunération de l'agent de voyage varie fortement en fonction de la taille de l'agence, de la région et de la part variable liée aux ventes.
| Profil | Salaire brut mensuel |
|---|---|
| Débutant (moins de 2 ans d'expérience) | environ 1 500 à 1 900 euros |
| Confirmé (2 à 5 ans d'expérience) | environ 1 800 à 2 300 euros, soit 22 000 à 28 000 euros bruts par an |
| Expérimenté ou spécialisé | jusqu'à environ 2 500 euros, soit près de 30 000 euros bruts par an |
| Île-de-France, par rapport à la province | rémunération généralement plus élevée |
Ces montants sont établis à partir des données publiées par France Travail pour la vente de voyages, qui distinguent la progression salariale en fonction de l'ancienneté [2].
Une partie de la rémunération de l'agent de voyage dépend souvent des ventes réalisées, sous forme de commissions ou de primes sur objectifs. Un treizième mois, une prime de participation ou des avantages en nature, comme des tarifs préférentiels sur certains voyages, complètent fréquemment le salaire fixe [12]. Cette part variable explique une partie des écarts observés d'une agence à l'autre, à profil équivalent.
Le BTS Tourisme, préparé en deux ans après le baccalauréat, reste le diplôme de référence du secteur. Il forme à la conception de prestations touristiques, à la vente de séjours, aux outils de réservation et aux langues étrangères, et il est enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles sous le numéro RNCP 37890 [4]. Un titre professionnel de conseiller vendeur en voyages, accessible en formation continue ou en reconversion professionnelle, permet également d'accéder au métier en se concentrant sur la vente, la billetterie et la pratique des outils de réservation [5]. D'autres profils viennent d'un cursus commercial ou de vente, complété par une immersion pratique dans le secteur, à l'image des parcours recensés dans les fiches métier du domaine du tourisme.
Pour se préparer au métier de vendeur ou conseiller en voyages, le CNFDI propose une formation à distance dédiée, accessible sans prérequis de diplôme à toute personne motivée par le secteur du tourisme. Elle représente 364 heures de cours et de stage pratique, à suivre selon un rythme classique de 6 heures par semaine sur 12 mois, ou un rythme accéléré de 12 heures par semaine sur 6 mois, avec l'appui d'un professeur tuteur et de classes virtuelles. Elle aborde la découverte du logiciel Amadeus, les environnements du tourisme aérien, maritime et terrestre, les techniques de vente et l'anglais touristique.
Pour élargir la vue d'ensemble du secteur, le catalogue des formations tourisme à distance du CNFDI regroupe aussi les parcours d'agent de réservation, d'hôtesse du tourisme ou d'organisateur de voyages. Le blog du CNFDI recense par ailleurs plusieurs formations pour travailler dans le tourisme, utiles pour comparer les parcours possibles. À l'issue de la formation, chaque apprenant reçoit une attestation de formation professionnelle du CNFDI, organisme certifié Qualiopi pour ses actions de formation.
Entre conseil, vente et organisation, le métier d'agent de voyage combine une forte dimension commerciale et une véritable expertise touristique, dans un cadre professionnel strictement encadré par la loi. Sa rémunération progresse avec l'expérience et la part variable liée aux ventes, tandis que les débouchés restent réels malgré la concurrence des plateformes en ligne. Pour se former à la vente de séjours, le CNFDI propose une formation de vendeur et conseiller en voyages à distance, à compléter si besoin par les formations du secteur commercial et de la vente pour aborder l'entretien de recrutement avec un profil solide.
Que fait un agent de voyage au quotidien ? L'agent de voyage conseille ses clients, construit des devis et réserve les prestations via un système de réservation comme Amadeus. Il vend des forfaits, gère les modifications et les annulations, et assure le service après-vente, de la facturation aux éventuelles réclamations après le retour de voyage.
Comment se former aux métiers du tourisme, comme celui d'agent de voyage ? Le BTS Tourisme est le diplôme de référence, complété par un titre professionnel de conseiller vendeur en voyages accessible en formation continue. Le CNFDI propose une formation à distance pour se préparer au métier d'agent de voyage, à travers ses modules consacrés au tourisme.
Combien gagne un agent de voyage ? En début de carrière, un agent de voyage gagne le plus souvent entre 1 500 et 1 900 euros bruts par mois. Avec l'expérience, la rémunération progresse vers 1 800 à 2 300 euros, voire 2 500 euros pour les profils confirmés, primes et commissions sur ventes en plus.
Faut-il un diplôme pour ouvrir une agence de voyages ? Aucun diplôme n'est exigé pour immatriculer une agence de voyages. L'immatriculation auprès d'Atout France reste en revanche obligatoire et suppose de justifier d'une garantie financière et d'une assurance de responsabilité civile professionnelle, avant toute activité de vente de séjours, quel que soit le profil du porteur de projet.
Quelles qualités sont nécessaires pour devenir agent de voyage ? Le sens du contact, l'écoute et une bonne culture touristique sont essentiels, tout comme la maîtrise de l'anglais. La rigueur administrative, l'organisation et une réelle résistance au stress complètent le profil recherché, en particulier avant les périodes de forte affluence.

